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La vie municipale de 1919 à 1929


Après la fin de la guerre, l’année 1919 est une année de transition. Le conseil municipal ne retrouve pas immédiatement son effectif complet, car le retour des hommes mobilisés ne se fait que peu à peu. Pierre Vermoyal et Jules Paillier président le conseil à tour de rôle, jusqu’à l’entrée en fonction d’une nouvelle équipe, le 10 décembre 1919.
Les questions dont s’occupe le conseil au cours de cette année sont toutes relatives à la liquidation des séquelles de la guerre.
La nouvelle équipe municipale de décembre 1919 est profondément rajeunie et renouvelée. Elle élit comme maire un homme expérimenté, déjà membre de la municipalité sortante, Auguste Richard. Son adjoint est Emile Lassauge. Les principaux propriétaires n’y sont pas représentés. C’est une municipalité ouvrière, dont tous les membres travaillent, ou ont travaillé, à la mine ou à l’usine.
Cinq conseillers seulement sont nés à Chavigny : Auguste Richard, Henri Toret, Joseph Klein, Charles Caraux, Emile Lassauge. Un vient de Ludres : Georges Brisach. Les six autres proviennent de différentes régions françaises : Louis Lamy, Jean Paysal, Jean Loste, Alexandre Bégeot, Auguste Poisot, Victor Barbier.

Entre Souvenir...

La guerre est encore présente dans toutes les mémoires. L’initiative prise en 1919 par un comité indépendant d’édifier un monument aux morts de la commune est relayée à point nommé par une importante subvention municipale, car le coût de sa réalisation s’est révélé plus cher que prévu et la souscription lancée auprès des habitants n’a pas produit la somme espérée.
Le monument, qui se trouvait sur la place près de l’ancienne mairie, et non à son emplacement actuel, est inauguré solennellement le 6 octobre 1925, dans les premiers mois de la seconde mandature d’Auguste Richard.
Mais il faut bien que la vie reprenne. La fête de saint Blaise est rétablie en février 1920. La ligne de tramway recommence à fonctionner, mais avec une nouvelle compagnie : la Compagnie générale française de tramways (CGFT) remplace avec un matériel modernisé la Compagnie detramways suburbains. La rue principale est dotée pour la première fois en 1924 de lampadaires pour l’éclairage public.
A la cabine téléphonique, transférée dans une maison proche de la mairie de l’époque, s’est ajoutée en 1918 une agence postale. Mais la question de l’alimentation en eau potable ne fait guère de progrès, même si l’on installe de
nouvelles fontaines aux deux extrémités du village.
Les relations de la municipalité avec la paroisse restent froides. Même si l’abbé Birkel a obtenu en 1919 l’autorisation d’adjoindre à ses frais à l’église paroissiale, pour les besoins du catéchisme, une petite salle annexe (la salle Saint Paul, aujourd’hui disparue), la municipalité continue à louer l’ancien presbytère à des particuliers, comme elle l’a fait depuis 1913.
On décide en 1922 d’installer une horloge sur le clocher de l’église, mais on interdit à l’abbé Birkel d’exécuter des travaux qui auraient transformé et sans doute défiguré l’aspect intérieur de l’église.
L’équipe sortante est reconduite aux élections de mai 1925, mais après un important remaniement. Auguste Richard, Henri Toret, Joseph Klein, Georges Brisach, Louis Lamy, Jean Paysal et Auguste Poisot restent en place, mais cinq nouveaux font leur entrée : Lucien Richard (sans lien de parenté avec le maire), Louis Barroyer, Joseph Loux, Gabriel Despinasse, Théophile George. Auguste Richard est réélu maire pour un second mandat, mais cette fois il a comme adjoint Henri Toret.

...Et retour à la vie normale

Le bilan de cette seconde mandature paraît moins riche que celui de la première. On ne relève que peu d’initiatives nouvelles, et les idées émises ne sont pas suivies d’effet, comme l’installation d’un éclairage au gaz dans la commune en 1928. On décide tout de même un agrandissement du cimetière, qui ne pourra être réalisé qu’au cours de la mandature suivante.
Les relations entre la commune et l’usine de Neuves-Maisons sont forcément bonnes : elle ne peut pas entrer en conflit avec l’employeur presque unique de la population.
Mais la municipalité cherche toutes les occasions de faire payer la Compagnie minière du Nord et de l’Est, qui est en voie de cesser son exploitation, pour les dégâts dont elle l’estime responsable. On l’accuse par exemple de déverser trop d’eau d’exhaure dans l’aqueduc qui draine les eaux du village et de faire courir le risque d’une inondation. L’idée que ces eaux d’exhaure puissent être utilisées pour l’alimentation de la commune n’est encore venue à l’esprit de personne.
Les relations avec la paroisse se normalisent en 1927, lors de l’arrivée d’un nouveau desservant, l’abbé Fernand Doppler, qui est autorisé à reprendre place dans l’ancien presbytère. Les questions religieuses, qui ont longtemps alimenté les rivalités politiques, passent au second plan devant les questions sociales, que la crise de 1929 va rendre très préoccupantes.

Jean-Claude Bonnefont